Comment les DRH ont-ils traversé la crise et comment appréhendent-ils l'année 2010 ?
Pour faire face à la crise, les DRH ont décidé des mesures à court terme visant à préserver la trésorerie, constate l'étude.
" Dans un premier temps, les entreprises ont diminué les enveloppes et gelé les rémunérations, observe Mireille Prunier. La crise a par ailleurs renforcé une tendance de fond qui s'observe depuis maintenant 10 ans et qui consiste à attribuer moins d'augmentations générales et davantage d'augmentations individuelles. Les augmentations individuelles accordées ont été très sélectives, avec moins de bénéficiaires et un niveau d'augmentation plus faible ", fait-elle observer.
Comment alors préserver la motivation des salariés dans un tel contexte de morosité ? C'est le principal obstacle auquel se sont heurtés les DRH en 2009, obstacle qui ne devrait pas être levé en 2010.
" Les entreprises ont travaillé sur des baromètres pour analyser le climat interne et des actions de mobilisation ont été entreprises pour redynamiser les équipes qui restent ", explique Mireille Prunier, avouant toutefois que " c'est un pilotage à vue car les entreprises ont très peu de visibilité et peu de leviers".
Les entreprises ont aussi misé sur la formation. Ainsi, observe Mireille Prunier, " certaines usines ont utilisé les périodes de sous-activité pour développer la polyvalence ". Par ce biais, " les entreprises misent sur le long terme et souhaitent donner une image positive aux collaborateurs et en externe ".
Les accords collectifs ont toutefois été épargnés par la crise. Elle assure d'ailleurs que la préservation des accords est un acquis sur le long terme. Il faut dire que l'agenda social très chargé en 2009 et 2010 n'a guère incité à remettre à plat les accords et à ajouter ainsi de nouveaux chantiers.
Au final, la crise a-t-elle changé la physionomie du métier ? " Fondamentalement oui, assure Mireille Prunier. La crise a permis aux DRH de prendre une dimension réellement stratégique. Ils ont été consultés en amont. C'est une autre tendance de fond qui s'est renforcée avec la crise qui a agi comme un révélateur. Et c'est une tendance qui va s'ancrer ", assure-t-elle.